Biographie de : Ideflawen


Interprète de la chanson engagée kabyle. Ali Ideflawen, de son vrai nom Ait Ferhat Ali, est né le 16/01/1957 à Timizart (Tizi-Ouzou).

Ali Ideflawen a un palmarès musical parmi les meilleurs de la chanson moderne kabyle, avec une œuvre poétique qui remue les cœurs sensibles. Ideflawen chante la vie de tous les jours, les tabous, l’espoir comme le désespoir, son chant est un appel au dépassement sans rupture avec les ancrages historiques, sociologiques, culturaux…

Apparu dans les années d’oppression linguistique et culturelle, de privation des libertés démocratiques, individuelles et collectives, Ali Ideflawen (Ali des neiges) prêta sa voix particulière et tout son talent pour empêcher que le sort n’engloutisse l’espoir, tous les espoirs et l’optimisme.

L’engagement de ses textes, très rehaussés de mélodies complices, la place au premier rang parmi d’autres réussites. La mise au pluriel du mot neige n’est pas impartiale. Elle porte en elle un double sens mais non contradictoires plutôt complémentaires. Le premier est significatif de la persistance et de la ténacité dans le temps à résister à ces diverses oppressions aussi nombreuses qu’infaillibles. Le deuxième semble se rapporter au refus de succomber à la soif. Quand on sait que l’eau des neiges est continuelle et qui dure, et cette source de vie suinte et dévale par petits ruisseaux et rivières les faces en pente des montagnes, pour abreuver et désaltérer sans cesse l’homme en quête du savoir. Ici l’eau ne prend plus le sens organique mais une symbolique et un message d’assurance. Nous disons bien que “aman d’laman”. Ideflawen a chanté souvent les textes de l’illustre dramaturge et poète Mohya. Ils n’étaient pas nombreux, ces artistes, à prendre l’initiative pour interpréter la parole de l’aède car celle-ci n’était guère complaisante ni serviable avec l’oppresseur. Ali Ideflawen, lui, s’en est saisi pour braver l’appréhension, la peur, le doute et la terrible inquiétude. Seul, il comble l’auditoire et seul il fait l’événement loin du tintamarre et du vacarme assourdissant de l’assonance tant musicale que langagière vidée de sa substance et de l’éloquence légendaire de la langue kabyle. Ideflawen restera surtout fidèle à son engagement. Il n’a pas fait et ne fait pas comme la pendule d’une horloge, s’en allant de droite à gauche, selon les appels des sirènes alléchantes avec tout ce qu’elles proposent et qui a fait que bien d’anciens chênes ont succombé tel la férule dont la hauteur de la taille ne reflète pas nécessairement la grandeur. Ali Ideflawen peut jeûner des années mais restera digne et debout dans la droite ligne d’un grand chanteur-compositeur dont le genre restera rare tant par la qualité de ses productions que par ses mouvements humains dans la société. Il continue de porter haut les symboles formulaires de la langue de ses ancêtres dont fait partie la diva de la chanson kabyle : sa parente H’nifa ou encore son lointain grand-père alors disciple et fidèle de Chikh Mohand Oulhoucine en la personne du légendaire M’hend Ouaba.
Ali Ideflawen nous revient à chaque inspiration pour nous combler encore plus, lui qui n’est pas un saisonnier de la chanson.

Sources :
Abdennour Abdesselam « La Dépêche de Kabylie »
Ilyes « Facebook »